Billet n°3 – « Celui qui déplace une montagne commence par déplacer les petites pierres »

Avertissement : Ayant ces derniers temps le moral dans les chaussettes pour des raisons qui dépassent le sujet de la course à pied, il est possible que cet article ne reflète pas comme il le devrait la joie qui m’irradie dès que je rechausse mes chaussures de running. Néanmoins, j’espère qu’il restera agréable à lire. Bonne lecture !

Le pied qui claque l’asphalte.
Le corps qui s’ébroue.
Le coeur qui accélère.
La respiration qui s’intensifie.

Ça y est, je reprends la course à pied.

Remettre son corps en mouvement (dur, dur)

L’hiver a tranquillement pu laisser la place au printemps sans que je ne remette un pied dans mes chaussures de course ni même que je pratique avec sérieux un autre sport. Alors, sous le soleil de ce mois de mai naissant, reprendre la course revenait à remettre mon corps en mouvement, et lui apprendre de nouveau à s’élancer. Ce jour venu, c’en était presque intimidant.

Il fait beau. Il ne fait ni trop chaud ni trop frais. 16h01. J’y vais.
Les premiers pas sont étranges. Le corps oublie vite et les sensations paraissent nouvelles, presque perturbantes. Je cours quinze minutes, alternant avec une brève séquence de marche. Il s’agit d’être à l’écoute de mon corps, et surtout de veiller à ne ressentir aucune douleur sur le flanc de mon pied gauche.
Le bip bip de la montre de mon amie, solidement fixée à mon poignée, sonne. Je dois m’arrêter. A dire vrai, je ne suis pas mécontente… mon petit corps ne comprend plus trop ce qui lui arrive et l’effort fourni lors de ces (intenses) quinze minutes résonne pour lui comme celui d’un semi-marathon.

C’est alors qu’il m’a fallu composer avec l’ambivalence de mes sentiments. J’étais bien évidemment heureuse d’avoir enfin pu reprendre la course, même sur une durée si courte. Mais la difficulté ressentie à l’effort a confirmé ce que je craignais : je redémarrais de zéro et il allait falloir m’armer de patience pour retrouver mon (modeste) niveau de jadis.

Running gear
Ma tenue « officielle » de course

Contrôler mon appétit d’endorphines

J’ai réitéré l’expérience plusieurs fois, allongeant progressivement les durées: 20, 25, 30 min… Hors de question de risquer de nouveau une blessure à cause d’un effort trop important. Mais en dépit de mes difficultés, j’avais toujours cet appétit d’endorphines ; je recherchais ce bien-être, ce sentiment d’accomplissement qui irradie tout notre être après une bonne sortie. Je ne courais hélas pas toujours assez longtemps pour que l’hormone du bonheur ne fasse son effet. Alors il fallait me raisonner, me limiter, car la tentation d’aller toujours plus loin était grande.
Et puis, hier, j’ai couru une heure. Les débuts étaient laborieux si bien que je craignais ne jamais atteindre mon objectif initial de 45min. Pourtant, je ne sais trop comment ni pourquoi, je me suis sentie pousser des ailes au bout d’une demi heure de course. Les rues étaient quasiment désertes, la ville était, pour ainsi dire, apaisée. Peu de passants, peu d’automobiles, juste moi traçant ma route, défiant mes propres limites et retrouvant curieusement un calme intérieur que je n’avais plus eu depuis des semaines.

Gravir des montagnes ? Non, pas encore

Parvenir à courir une heure sans avoir la sensation d’arriver au bout de ma vie était l’objectif que je m’étais fixé pour cette reprise. Y parvenir aussi vite, après seulement 3 ou 4 sorties, me pousse à l’optimisme. Evidemment, il va falloir que je réitère l’expérience. Evidemment, il va aussi falloir que je reste très à l’écoute de mon petit peton. Et évidemment, je ne dois pas penser pouvoir participer à une course avant quelques semaines encore. Pourtant, la tentation est grande. A la fin du mois, un 10km est organisé dans ma petite ville ; celui-ci, j’aimerais sérieusement m’y frotter. Hélas, il me faut encore prendre mon mal en patience. Autant porter un dossard quand j’aurai plus d’entrainement et plus d’assurance pour me lancer des défis à la hauteur de mon esprit (limité) de compétition [ndlr : vous sentez cette tentative d’auto-persuasion ?].

Il me faut avancer doucement sur le chemin de mes ambitions, profiter de chaque pas, de chaque foulée, et savourer cette liberté retrouvée de la course à pied sans pression et avec un maximum de plaisir.

Titre : Citation de Confucius, sage chinois du VI-Ve siècle av.-J.C

Crédits photos : premièresfoulées.fr / dolgachov / 123RF Banque d’images

One Reply to “Billet n°3 – « Celui qui déplace une montagne commence par déplacer les petites pierres »”

  1. On fera un marathon un jour, tu verras 🙂
    signée ton amie

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